Immunovirologie moléculaire
sous la direction de
DANIEL LAMARRE, Ph.D.
- Chaire de recherche Novartis - Fondation canadienne en hépatologie de l'Université de Montréal
- Professeur titulaire, Département de médecine, Université de Montréal
- Directeur de l'axe de recherche en hépatologie et gastroentérologie, Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM)
L'infection au virus de l’hépatite C (VHC) est un problème de santé publique d'une importance grandissante, affectant à ce jour 3 % de la population mondiale. L'infection au VHC se caractérise dans la grande majorité des cas par une forme persistante qui mène progressivement chez les porteurs virémiques à l'émergence de complications tels la fibrose, la cirrhose et le cancer du foie. Au Canada, l'incidence des maladies hépatiques, au quatrième rang des maladies mortelles, ne fait qu'augmenter avec la croissance des maladies du foie secondaire aux infections virales. Les traitements actuels ne sont pas bien tolérés, demeurent peu efficaces et souvent contre-indiqués, illustrant un urgent besoin thérapeutique.
Les travaux de recherche sur le VHC ont permis de caractériser les protéines virales essentielles à sa réplication et, récemment, ont conduit au développement d'une nouvelle classe d’agents antiviraux très prometteurs dans le traitement de l'hépatite C (Lamarre et al., Nature 2003).
Bien que l'infection au VHC soit l'une des maladies infectieuses chroniques les plus répandues, sa pathogénèse naturelle et les mécanismes concernant la persistance virale restent encore mal compris. Les réponses immunitaires innées et adaptatives de l'hôte infecté jouent un rôle majeur au cours de la phase aiguë de l'infection pour assurer l'éradication de la virémie et la guérison spontanée. Cependant, un déficit fonctionnel de la réponse immunitaire semble expliquer la persistance virale. Le rôle de l’immunité spécifique au VHC et la restauration de fonctions immunes demeurent également mal caractérisés lors du traitement à l’interféron de l’hépatite C. L'interaction de virus avec des structures cellulaires reconnaissant des déterminants moléculaires de pathogènes, tel les membres de la famille des récepteurs de type Toll (TLR) vont entraîner l'activation d'un certain nombre de voies de signalisation intracellulaires.
Certain de ces évènements cellulaires sont la cible de protéines virales conduisant à une interférence de la réponse antivirale lors d’infection chronique. La caractérisation de ces mécanismes d'immuno-évasion virale permet d'envisager de nouvelles approches thérapeutiques basées sur la restauration de la réponse immunitaires innée et adaptative.
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