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Le 10 SEPTEMBRE 2008

 

RSK connecte MAPK à mTORC1 via RAPTOR

Philippe Roux et ses collaborateurs établissent un lien moléculaire entre deux voies de signalisation cellulaire impliquées dans le cancer.

Une équipe de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal rapporte l’élucidation d’un mécanisme par lequel les cellules cancéreuses détournent les voies de signalisation intracellulaire à leur profit et échappent ainsi au contrôle que celles-ci exercent sur la prolifération cellulaire. Cette découverte, rapportée dans l’édition du 9 septembre 2008 de la revue Current Biology, ouvre de nouvelles avenues thérapeutiques pour stopper la croissance des tumeurs.

« L’image qui me vient à l’esprit pour décrire la signalisation intracellulaire, ce sont ces longues files de dominos qui se mettent à tomber les uns sur les autres du moment qu’une première pièce tombe, explique Philippe Roux, directeur de l’unité de recherche en signalisation cellulaire et protéomique à l’IRIC et principal auteur de l’étude. Il arrive qu’une seule et même pièce, en tombant, mette en branle deux files de dominos qui chacune emprunte son propre chemin. C’est l’une de ces pièces-maîtresses que nous avons identifiée, une protéine qui agit en parallèle sur deux voies de signalisation impliquées dans de nombreux cancers et qui, par conséquent, pourrait constituer le meilleur point d’intervention thérapeutique. »

Philippe Roux, directeur de l'unité de recherche en signalisation cellulaire et protéomique à l'IRIC et Audrey Carrière, chercheuse postdoctorale

À l’origine du travail de Philippe Roux et de ses collaborateurs, un résultat inattendu : le traitement de cellules avec des agents qui activent la voie de signalisation MAPK entraîne également l’activation de la voie mTOR. Cette réaction croisée entre deux voies de signalisation, qu’on croyait jusqu’à tout récemment distinctes, permet à la cellule d’intégrer les signaux qui déclenchent sa prolifération (voie MAPK) et ceux qui la renseignent sur la quantité d’énergie dont elle dispose pour proliférer (voie mTOR). Les résultats récents de l’équipe de Philippe Roux ont permis d’identifier les acteurs moléculaires à la jonction de ces deux voies. Il s’agit des protéines de type RSK, composantes-clés de la voie MAPK qui, comme l’a montré l’équipe de l’IRIC, agissent également au niveau de la protéine Raptor dans la voie mTOR. En utilisant la technique d’interférence par ARN pour bloquer la synthèse des protéines RSK, les chercheurs de l’IRIC ont pu démontrer expérimentalement que la protéine Raptor n’est plus activée par des signaux prolifératifs en absence de RSK. De plus, à l’aide d’outils sophistiqués de protéomique, ils ont réussi à identifier les sites d’action des protéines RSK sur la protéine Raptor. Cette analyse protéomique, essentielle à l’élucidation des mécanismes d’activation de Raptor, est le fruit d’une collaboration étroite entre l’équipe de Philippe Roux et celle de Pierre Thibault, directeur de l’unité de recherche en protéomique et spectrométrie de masse bioanalytique à l’IRIC et professeur au département de chimie.

Philippe Roux a mis sur pied l’unité de recherche en signalisation cellulaire et protéomique à l’IRIC en 2006, après un stage postdoctoral dans le laboratoire de John Blenis à la Harvard Medical School. En moins de deux ans, ce jeune chercheur, qui est également professeur adjoint au département de pathologie et de biologie cellulaire, a constitué une équipe de 7 personnes et recueilli des fonds auprès d’organismes nationaux et internationaux. En particulier, il a obtenu une des prestigieuses bourses de développement de la carrière décernées en 2007 par le Human Frontier Science Program, un organisme regroupant 36 pays et basé à Strasbourg. Fort de ces succès, Philippe Roux entend continuer de faire sa marque en tant que chercheur indépendant dans le domaine de la signalisation cellulaire, un domaine de recherche d’où sont issues les thérapies ciblées qui révolutionnent présentement le traitement du cancer et qui, par ailleurs, affectionne particulièrement les acronymes.

L’article publié aujourd’hui dans Current Biology, disponible en ligne au doi:10.1016/j.cub.2008.07.078, s’intitule « Oncogenic MAPK Signaling Stimulates mTORC1 Activity by Promoting RSK-mediated Raptor Phosphorylation ». Outre Pierre Thibault et Philippe Roux, les auteurs sont Audrey Carrière, chercheuse postdoctorale et première auteure de cette étude, Marie Cargnello et Louis-André Julien, étudiants à la maîtrise, Huanhuan Gao, agente de recherche et Éric Bonneil, responsable de la plateforme de protéomique de l’IRIC.

 

Pour renseignements :
Christian Lanctôt
Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC)
Université de Montréal
514-343-6111 poste 0315

 

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