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Le 8 juin 2010
Un raccourci vers la croissance cellulaire
Qu’ils soient humains, félins ou cétacés, tous les mammifères ont un point en commun : les neurones. Ces cellules nerveuses, reliées les unes aux autres et chargées de la transmission des signaux tels que la douleur, s’étendent de la moelle épinière jusqu’à la pointe des orteils, des pattes ou des nageoires. Selon un article publié dans la revue Cell, des chercheurs de la Harvard Medical School, de l’Université de Montréal et du Dana-Farber Cancer Institute ont identifié un nouveau mécanisme qui permet aux cellules nerveuses de relayer des signaux qui les induisent à croître de quelques millimètres à plusieurs mètres.
Autrement dit, les chercheurs ont découvert une nouvelle voie de signalisation qui induit la progression des cellules et leur croissance, en mettant au jour un lien surprenant entre les cellules nerveuses et un récepteur nommé DCC (Deleted in Colorectal Carcinoma). Cette découverte remet en question des concepts établis sur la manière dont les cellules répondent à leur environnement. Cette percée pourrait se révéler bénéfique après une lésion nerveuse ou, à l’inverse, nocive dans des maladies comme le cancer.
« Nous avons découvert un mécanisme alternatif qui aide les cellules nerveuses à répondre rapidement et localement, précise Philippe P. Roux, professeur au Département de pathologie et biologie cellulaire, coauteur de cette étude et chercheur à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal. Ce n’est que le début, car nos résultats laissent penser que d’autres récepteurs cellulaires pourraient fonctionner de la même manière. »
Le professeur Roux, qui est également titulaire d’une Chaire de recherche du Canada en signalisation cellulaire et protéomique, souligne que cette étude pourrait éventuellement ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques : « Nous pouvons tout à fait envisager de manipuler ce mécanisme pour amener les cellules à répondre localement à leur environnement. Ces résultats obligent d’ores et déjà les chercheurs à tenir compte du fait que les cellules peuvent faire appel à ce mécanisme pour se préparer à exécuter des fonctions essentielles. »
Partenaires de recherche
Cette étude a été financée par les National Institutes of Health, l’Institut de recherche de la Société canadienne du cancer, le Howard Hughes Medical Institute, les Instituts de recherche en santé du Canada et le Programme scientifique sur la frontière humaine (Human Frontier Science Program).
À propos de l’étude
L’article, « Transmembrane Receptor DCC Associates with Protein Synthesis Machinery and Regulates Translation », paru dans la revue Cell, est signé Joseph Tcherkezian, Perry A. Brittis et John G. Flanagan de la Faculté de médecine d’Harvard; Franziska Thomas du Dana-Farber Cancer Institute et Philippe P. Roux de l’Université de Montréal.
Renseignements
Carolyne Lord
Relationniste
IRIC | Université de Montréal
514.343.7282
carolyne.lord@umontreal.ca
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